Louise Lévesque et les soins à la personne âgée et à la famille

louise levesques

Louise Lévesque est chercheure au Centre de recherche de l’Institut Universitaire de Gériatrie de Montréal. Elle est également professeure émérite à la faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal. Elle fut la première titulaire de la Chaire de recherche en soins infirmiers à la personne âgée et à la famille, maintenant la Chaire Desjardins.

Expertise

Pratiques professionnelles d’intégration des services en gérontologie

La mission d’eValorix est de diffuser les outils numériques issus de la recherche publique. Cette entrevue fait partie de la série d’entrevues avec les femmes et les hommes derrière cette recherche. Les articles tirés de nos conversations informelles paraîtront sous cette rubrique toutes les deux semaines. Inscrivez-vous à l’infolettre afin de rester au courant!
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À quel besoin souhaitez-vous répondre avec vos recherches?

Louise Lévesque : J’ai commencé à travailler en soins infirmiers dans les années 1980, plus spécifiquement en gériatrie et en gérontologie. Au Québec, l’on prévoyait déjà le vieillissement de la population, mais les recherches étaient très peu avancées sur le sujet.

Mes premières recherches ont porté sur l’implantation d’un modèle pour améliorer les soins infirmiers en milieu institutionnel (en CHSLD). Il fallait  évaluer ce modèle, mais nous n’avions, à l’époque, que très peu d’outils correspondant à notre culture. J’ai donc développé trois instruments de mesure permettant d’évaluer les effets de l’implantation de ce modèle. Mes outils étaient développés autour de l’évaluation de l’autonomie dans les activités quotidiennes, de l’échelle de morale et du fonctionnement social des résidents en milieu institutionnel. C’est un modèle holistique, qui prend surtout en considération les besoins psychologiques des patients en milieu institutionnel. Bien que la situation se soit améliorée, les CHSLD étaient des milieux assez difficiles au milieu des années 1980. En plus des maladies chroniques, énormément de facteurs avaient et ont toujours un impact important sur le plan psychologique et émotionnel. Les malades en CHSLD souffrent de maladies chroniques et leur condition est à toute fin contrôlée. Dans un milieu institutionnel, les infirmiers ont un rôle de soutien auprès des patients, mais ont également un rôle clé de soutien auprès des familles et des proches aidants. Le côté psychologique a une place prépondérante dans la prestation de soins de santé en CHSLD.

Ensuite, j’ai dirigé mes travaux de recherche vers le soutien offert aux proches aidants. Nous avons analysé leur état de santé et les facteurs faisant en sorte qu’ils deviennent vulnérables. Nous avons ensuite étudié les facteurs sur lesquels les infirmiers peuvent intervenir. Ces aidants ont besoin de soutien psychologique et de mise à niveau en matière de compétences. J’ai donc par la suite développé un programme de groupe de 15 semaines « Apprendre à être mieux… et à mieux aider » qui s’adresse aux proches aidants de personnes atteintes d’Alzheimer. C’était une étude d’envergure, réalisée par de nombreux chercheurs de plusieurs universités québécoises. Les résultats étaient assez intéressants et ils ont par la suite fait l’objet de publications.

À ma retraite, j’ai travaillé avec Francine Ducharme sur ses différents programmes et j’ai ensuite mis sur pied la chaire de recherche en soins infirmiers aujourd’hui appelée la chaire Desjardins.

Quels sont les défis dans votre champ de recherche?

Louise Lévesque : Trouver les sujets de recherches, constituer un échantillonnage et financer les projets peuvent être assez complexe, mais le réel défi est d’incorporer les résultats de recherches dans les milieux. Le but de ces recherches est de faire en sorte que les pratiques infirmières s’appuient sur des données probantes  afin d’améliorer les soins offerts. Il est primordial de trouver des moyens pour amener les milieux à prendre part aux programmes. Tous nos outils sont d’ailleurs mis à la disposition des CHSLD, mais on observe tout de même que le soutien aux familles aidantes se fait rare. Il y a encore beaucoup de progrès à faire.

Que diriez-vous à quelqu’un qui débute dans votre domaine?

Louise Lévesque : Je pense qu’il faudrait favoriser la recherche sur les soins de santé en eux-mêmes. Il y a un réel besoin en développement de connaissances, surtout au sujet des soins à offrir aux résidents ayant des problèmes de santé complexes, comme des problèmes de comportement. Je pense notamment aux cris et à l’errance chez les personnes Alzheimer.

Louise Lévesque chez eValorix

Texte par Fanny Vadnais

Propos recueillis par Félix Vaillancourt

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